AU CŒUR DU SYSTÈME

LA SUCCESSION

UN POUVOIR À BOUT DE SOUFFLE

À 93 ans et après plus de quatre décennies au pouvoir, Paul Biya demeure à la tête du Cameroun. La Constitution a été modifiée en avril 2026 pour réintroduire un vice-président appelé à assurer la continuité du pouvoir. Pourtant, plusieurs mois plus tard, aucun vice-président n’a encore été nommé. Une question s’impose désormais : qui gouvernera le Cameroun après Paul Biya ?

UNE SUCCESSION EN COULISSE ?

La question de l’après-Paul Biya occupe désormais une place centrale dans le débat politique camerounais. Après plus de quatre décennies au pouvoir, la succession à la tête de l’État ne concerne plus seulement l’avenir d’un homme, mais celui des institutions et du fonctionnement démocratique du pays.

Pour la BAS, une transition politique ne peut être organisée au profit d’un clan, d’un parti ou d’un cercle de pouvoir. Elle doit respecter la Constitution, la souveraineté populaire et le libre choix des citoyens. Toute modification institutionnelle susceptible d’influencer les conditions de la succession présidentielle mérite donc une vigilance particulière.

Notre exigence est claire : le prochain dirigeant du Cameroun doit être choisi par les Camerounais dans le cadre d’élections libres, transparentes et crédibles. Lire l’analyse : « stabilité ou succession organisée  » ConstitutionNet→ 

Laura Stella Enonchong SOAS →

LE RDPC, AU CŒUR DU SYSTÈME

Au pouvoir depuis plusieurs décennies, le RDPC occupe une position dominante dans la vie politique camerounaise. Sa présence au Parlement, dans les collectivités territoriales et dans de nombreuses structures du pouvoir en fait un acteur incontournable du système politique construit autour de la présidence de Paul Biya.

Cette longévité soulève une question essentielle : où s’arrête le parti et où commence l’État ? Dans une démocratie, l’administration et les institutions publiques doivent servir l’ensemble des citoyens, indépendamment de leur appartenance politique.

La BAS défend une véritable séparation entre l’État, ses institutions et les intérêts du parti au pouvoir. L’alternance politique doit pouvoir devenir une réalité sans que les institutions soient utilisées pour préserver indéfiniment un même système. Lire l’analyse d’International Crisis Group→

EN VOYAGE, QUI GOUVERNE ?

Les longues absences de Paul Biya à l’étranger sont devenues une question de gouvernance. En 2026, le président a quitté le Cameroun le 7 juin pour ce qui avait été présenté comme un « bref séjour privé en Europe ». Son absence s’est finalement prolongée pendant environ dix semaines avant son retour le 20 août, la plus longue de ses plus de quatre décennies au pouvoir. Cette situation a alimenté les interrogations sur l’exercice quotidien de la présidence et la continuité de l’État.

Ces interrogations ne sont pas nouvelles. En 2024 déjà, une longue absence avait suscité des spéculations sur son état de santé, au point que le gouvernement avait interdit les discussions publiques sur ce sujet, une décision critiquée notamment par des défenseurs de la liberté de la presse.

Pour la BAS, la question doit être posée sur le terrain institutionnel plutôt que médical : qui exerce effectivement le pouvoir lorsqu’un président demeure durablement à l’étranger ? Dans un pays confronté à des crises politiques, sécuritaires et sociales, les citoyens sont en droit d’attendre transparence, présence institutionnelle et responsabilité de la part du sommet de l’État. Lire l’enquete Reuters sur les longues absences de Paul Biya→

 

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